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A chaque changement de garde, votre enfant est particulièrement triste et il pleure. Vous savez que son autre parent s’occupe bien de lui, ce n’est pas ça le problème. Alors comment apaiser la tristesse de votre enfant lors des séparations ?

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par Milie Siméon | Pensez à me laisser un commentaire après votre écoute 😉

Pourquoi les séparations le rendent triste si longtemps ?

 

Vivre la séparation de ses parents est difficile pour les enfants, et même parfois s’ils sont de jeunes adultes.

Alors imaginez pour des petits qui n’ont pas les ressources nécessaires pour vivre cette situation.

En effet, ils ont ce qu’on appelle une figure d’attachement, qui est la personne qui s’occupe le plus d’eux. Se séparer de leur figure d’attachement principale est vraiment difficile pour eux.

Ils ont alors besoin du soutien leurs parents pour les aider à passer le cap et surtout, il faut être attentif à ne pas les priver de cette figure d’attachement trop longtemps.

Dans l’excellent livre, que je vous recommande, Une semaine chez Papa, une semaine chez Maman , écrit par Claire Wiewauters et Monique Van Eyken :

« de nombreuses études ont été réalisée afin d’évaluer la période dont les enfants ont besoin pour donner une place dans leur vie au divorce de leurs parents. La plupart des chercheurs parlent d’une période de deux à trois ans avant que l’enfant retrouve ses sentiments de sécurité et de confiance. Nous voudrions que ça aille plus vite, mais il faut accepter ce délai »

Il ne joue pas la comédie, il exprime simplement ses émotions, ce qui est très sain en réalité.

Comment adoucir sa tristesse et qu’il vive mieux ces séparations ?

Plusieurs pistes sont à envisager, en fonction de votre situation.

Chaque situation et chaque enfant étant différents, il n’y a pas de vérité universelle.

Il y a des pistes à exploiter, des actions à tenter.

Dans les deux premiers points, je vous propose de comprendre les mécanismes qui peuvent l’aider à aller mieux.

Et pour finir, je vous propose une idée adaptée aux tout-petits jusqu’environ 7/8 ans.

1. L’enfant a besoin de rétablir une sécurité intérieure pour être apaisé

Votre enfant a besoin de temps pour retrouver sa sécurité intérieure.

Le temps de l’enfant n’est pas le même que celui des adultes car il n’a pas les mêmes ressources intérieures que nous.

Il a besoin de se sentir entouré et écouté sur la durée.

En sentant sa tristesse entendue et acceptée, il pourra alors se sentir apaisé.

Et c’est là que votre patience sera importante, parce que les crises et les pleurs peuvent durer plusieurs années, à chaque moment de séparation.

Les tout-petits, et même les enfants plus grands d’ailleurs, ne sauront pas exprimer ce besoin verbalement, mais il fait partie des besoins essentiels des enfants.

Par contre, ils ressentiront si vous avez pour eux une écoute, de la patience et de l’empathie.

Dès 8 mois, les bébés peuvent ressentir cette empathie et ils peuvent même en avoir pour leurs parents.

 

D’ailleurs, comme l’explique Isabelle Fillozat dans Au coeur des émotions de l’enfant, “ce que les enfants du divorce reprochent à leurs parents, ce n’est pas la séparation en elle-même, c’est de ne pas avoir été écouté, considérés, entendus.”

2. Oser lui parler de ses propres émotions liées à la séparation, même quand il est très jeune.

Vous avez le droit aussi d’être triste de la séparation et de chaque séparation aussi.

Alors sachez que vous pouvez l’exprimer.

Et vous pouvez l’expliquer à votre enfant.

Ensuite, rassurez-le : vous allez vous retrouver dans X dodos (pour les tout-petits)

En exprimant vos émotions, vous autorisez à votre enfant à faire de même, et non à apprendre à les contenir.

En effet, comme le disait Jacques Salomé :

« Sachant que tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime, il est souhaitable de favoriser l’expression au-delà de l’émotion, ou du retentissement. Cette pratique permettra d’éviter quelques somatisations, du stress et de l’angoisse. »

Si vous vivez une coparentalité apaisée , que l’autre parent accepte les contacts pendant sa période et que l’enfant en a l’âge, vous pouvez aussi lui proposer de vous appeler s’il le souhaite.

Quand les relations des deux parents sont très compliquées, il devient alors plus difficile de rassurer l’enfant.

Le lien aura donc besoin d’être particulièrement renforcé pendant les périodes passées avec lui.

Vous avez également le droit d’exprimer votre tristesse face à la situation, surtout lorsque la séparation se passe mal. Puis expliquez-lui que vous allez essayer de profiter de tous les bons moments ensemble.

La valisette de réconfort

3. Créer sa valisette à câlins

Dès que votre enfant est en âge d’avoir une valisette à lui, alors je vous invite à lui acheter ou à lui créer une petite valise rien qui lui appartiendra.

Afin de lui permettre de retrouver plus facilement une sécurité affective, il a besoin d’avoir de quoi se rattacher.

Objectifs :

– La valise lui permet d’être dans le contrôle de son univers à lui.

– Elle fait le lien entre ces deux nouveaux mondes, entre chez son père et sa mère.

– Il se sent rassuré d’avoir toujours cette valisette et ce qu’elle contient avec lui.

Composition de la valisette :

  • Un album photo avec toute sa famille, y compris l’autre parent, qu’il aura le droit de regarder quand il le souhaite.
  • Un objet ou plusieurs objets en tissu de type Doudou spécialement pour la valisette ou son doudou habituel, selon sa préférence. Il peut aussi s’agir de vêtement, foulard qui appartenait à ses parents.

A noter : habituer dès que possible l’enfant à avoir plusieurs doudous, c’est idéal en cas de perte de l’un d’entre eux. Et s’il a un préféré, ne cherchez pas : achetez en plusieurs et faites-les tourner pour qu’ils prennent les marques d’usure de la même façon.

Bien souvent, les parents transfèrent le doudou de chez l’un à chez l’autre, mais parfois ils choisissent que l’enfant aura des doudous différents dans chaque maison. Ce qui peut être difficile à vivre pour un tout petit.

(L’idéal est d’être à l’écoute des besoins de l’enfant, mais parfois, la situation ne le permet pas…et dans ce cas, ne culpabilisez pas)

  • Quelques feuilles ou un cahier & des crayons spécialement pour la valisette, avec lesquels il pourra faire des dessins quand il pense à son autre parent.
  • Quelques petits jouets auxquels il tient à avoir toujours avec lui (et qui seront peut-être différents à chaque fois…)

Pour les enfants un peu plus grands, n’hésitez pas à leur mettre à disposition des stickers pour qu’ils puissent customiser leur valise (intérieur et extérieur). Ça peut d’ailleurs être l’objet d’une sortie au magasin pour que l’enfant choisisse par lui-même ses décorations.

La valisette disparaitra quand l’enfant sera prêt ou sera remplacé par un sac à dos pour les enfants plus grands.

 

Une fois que les premières années sont passées, que leur sécurité intérieure a été rétablie, les enfants sont habitués à passer d’une maison à une autre, et en particulier quand une coparentalité apaisée s’est installée.

Les enfants ont pris leurs marques et ont appris à gérer leurs émotions différemment.

Donc ne désespérez pas si vous trouvez le chemin long, dans quelques temps, les séparations se passeront plus sereinement.

A bientôt, 

Milie

 

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