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Quand on se retrouve parent séparé, on peut vite faire face au phénomène de l’enfant épuisant.

A quels signes reconnait-on un enfant épuisant ? Ou est-ce que nous sommes trop vite “épuisables” ?!

Comment y remédier ?

enfant épuisant

Vous vous sentez épuisé quand l’enfant est avec vous

Vous aimez votre enfant, ce n’est pas le problème.

Et votre enfant n’est PAS un enfant tyran ni un enfant hyperactif.

Non, il est gentil et vous avez un bon relationnel.

Le problème n’est pas là.

Vous ressentez bien la différence lors des périodes avec et sans enfant. En son absence, vous vous sentez bien, en forme. A son retour, en peu de temps, vous êtes déjà KO.

Mais il vous est difficile de comprendre pourquoi il est épuisant

Vous adorez votre enfant et vous passez de bons moments ensemble.

Vous faites tout bien pour passer du temps de qualité avec lui.

Mais il y a un hic.

Identifier les comportements envahissants et épuisants

Bien sûr, la première étape est d’identifier les comportements qui vous épuisent.

Voici quelques pistes de réflexion, et vous en identifierez peut-être bien d’autres encore.

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Interruptions permanentes

Votre enfant vous appelle tout le temps.

Vous êtes sans cesse interrompu dans ce que vous êtes en train de faire

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Enfant bruyant & agité

Votre enfant est bruyant dans toutes ses activités. Il joue un rythme avec son couvert et le verre à table, il chantonne, joue bruyamment, il remue tout le temps… bref, vous savez quand il est là : vous le voyez bouger partout et vous l’entendez tout le temps. 

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Manque d'autonomie

L’enfant ne sait jamais trop ce qu’il a à faire et ne prend aucune initiative.

Il se laisse vivre. Vous devez toujours lui rappeler les consignes jour après jour… et même plusieurs fois le même jour.

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Une présence envahissante

L’enfant s’installe pour jouer dans les passages, il envahit les pièces communes de ses jouets, il parle beaucoup sans s’intéresser à vous. Il vit dans sa bulle et fait ce qui lui plait.

Etre parent séparé amplifierait le phénomène de l’enfant épuisant ? 

 Pas nécessairement puisqu’il s’agit avant tout du comportement et du caractère de l’enfant. 

Question : est-ce que votre enfant était déjà comme ça avant la séparation ? 

Si oui, c’est peut-être plutôt le fait de vous retrouver en solo face à cette situation vous amène à saturer plus rapidement.

Si c’est un changement de tempérament post-séparation, alors c’est une piste à creuser :

– Est-ce votre autorité parentale qui est à travailler ?

– Comment se comporte-t-il chez l’autre parent ?

– Est-ce que la séparation lui cause une souffrance qui s’exprime de cette façon ?

Etre parent solo, un équilibre parental à trouver

Il ne faut pas croire qu’être parent solo, c’est la même chose qu’être parent en couple. 

Certes, il y a des périodes de repos quand l’enfant va chez son autre parent (ce qui n’est pa le cas pour tous…). 

Mais le parent solo doit faire face à des périodes où il fait face à toutes les responsabilités en solo. 

C’est d’autant plus difficile quand l’enfant est très jeune et qu’il manque d’autonomie du fait de son âge. 

C’est pourquoi il y a un équilibre à trouver et un cadre éducatif à mettre en place. 

Dans quel état d’esprit vous sentez-vous ?

Dans cet état des lieux, il est également important de s’intéresser à vous.

Comment vous sentez-vous depuis la séparation ?

Quelle relation avez vous avec cet enfant épuisant ?

Est-il envisageable que votre enfant essaie d’attirer votre attention ?

Avez-vous du soutien familial pour vous aider quand vous en avez besoin ?

Avez-vous de la culpabilité liée à la séparation ? Si oui, cet article peut vous intéresser. 

Des pistes de réflexion sur votre enfant

Votre enfant est-il toujours à poser mille questions ? Avez-vous fait un bilan pour voir s’il est précoce ?

Votre enfant présente-t-il des difficultés scolaires ?

A-t-il des difficultés pour se concentrer ?

bilan psy

Et si vous faisiez un état des lieux avec un bilan pédopsy ?

Objectif

Vous permettre de vérifier s’il y a ou non un trouble du comportement ou une difficulté spécifique à prendre en charge.

Ce n’est pas toujours facile d’admettre qu’il y a un problème. Mais mieux vaut prendre les devants et ne pas rester trop longtemps dans cette situation d’épuisement parental.

Prendre les choses en main, agir, c’est déjà un premier pas pour résoudre cette difficulté.

Quelques actions à envisager face à l’enfant épuisant

Comme nous l’avons vu, les raisons qui mènent à ce que l’enfant devienne épuisant peuvent être très variées. 

Voici quelques piste proposées, à prendre en compte en fonction de votre situation personnelle et du résultat du bilan pédopsy. 

 

Lui apprendre à vous observer et à choisir son moment pour vous appeler

L’enfant vous interpelle sans cesse : ne pas accepter d’être toujours interrompu dans vos activités.

Vous pouvez alors lui répondre : quand tu vois que je suis en train de faire la vaisselle, tu dois apprendre à patienter que j’ai fini. Comme tu le vois, je ne peux pas venir avec les mains mouillées.

Ou alors “je te demande de patienter quelques minutes, je suis en train de réfléchir au repas pour ce soir”.

Il faut être attentif à ne pas envoyer l’enfant “sur les roses” pour ne pas le blesser ni le braquer.

Certes, il est épuisant, mais il n’en mérite pas moins notre respect et notre attention, même si c’est difficile.

L’objectif ici est de lui apprendre pas à pas à observer la situation avant de nous interrompre.

Il doit comprendre qu’il y a des moments où vous êtes disponible et des moments où il vous voit en activité et vous n’êtes alors pas disponible.

Canaliser son énergie

Si votre enfant n’a pas de trouble spécifique (autisme, hyperactivité etc), alors il a peut-être besoin d’apprendre à canaliser son énergie.

Est-ce qu’il a suffisamment de possibilités de se défouler en extérieur ? Ou est-ce un point à améliorer dans votre quotidien ?

S’il parle beaucoup : avez-vous des moments privilégiés pour parler ensemble, pour qu’il se sente écouté ? 

Les lieux autorisés pour être bruyant

Si votre enfant à 8 ans et +, vous pouvez alors lui expliquer qu’il peut faire du bruit dans sa chambre, mais que vous n’acceptez plus tout ce bruit dans les parties communes de la maison.

Il est en âge de comprendre la règle, de l’appliquer et de passer un moment seul dans sa chambre.

Ainsi, il a un espace de liberté pour lui, tout en apprenant à vivre avec les autres et à les respecter.

L’aider à devenir + autonome

Si votre enfant a + 8 ans, alors il est tout à fait en âge d’être autonome. S’il ne l’est pas, c’est d’autant plus important de mettre en place des actions qui favorisent son autonomie.

Actions vers l’autonomie : construire des routines

Lui confier des responsabilités dans l’organisation à la maison.

Ces responsabilités sont non négociables.

Elles vont faire partie de son quotidien ou presque.

Vous pouvez par exemple lui confier des tâches ménagères (cet article à ce sujet pourrait vous intéresser !)

Lui rappeler vos attentes à son retour de chez l’autre parent

A chaque fois que votre enfant reviendra de chez son autre parent, il faudra lui rappeler vos attentes par rapport à son autonomie & ses responsabilités à la maison.

Dans les premiers temps, n’attendez pas qu’il le fasse de lui-même…

Un tableau récapitulatif

Pour les enfants qui ont le plus de difficulté à devenir autonome, n’hésitez pas à noter les différentes tâches quotidiennes & responsabilités qui lui sont attribuées.

Vous pouvez aussi indiquer les jours & moments de la journée. 

 

Apprendre à dire non et à poser un cadre

En tant que parent solo, on a envie de protéger nos enfants suite à une séparation.

Il peut arriver qu’on devienne plus laxiste pour ne pas “trop l’embêter”.

Et lui laisser le temps de s’habituer.

Le problème, c’est que les enfants aiment bien en profiter, même si c’est inconscient.

C’est un peu comme si je vous dis “tu es en budget libre, fais-toi plaisir et achète tout ce qui te fait plaisir”. Alors vous risquez de faire beaucoup de dépenses et de rechercher à acheter vraiment tout ce qui vous fait plaisir.

L’enfant va faire pareil. Avec beaucoup de liberté, il va en profiter un maximum.

Et c’est vrai, c’est agréable de voir un enfant heureux de jouer, de s’épanouir.

Sauf que nous vivons en société et qu’il y a des règles.

Notre rôle éducatif est de lui permettre de vivre dans cette société et de pouvoir s’y intégrer au mieux.

S’il n’a pas de trouble spécifique du comportement, votre enfant a peut-être besoin de mieux ressentir votre cadre éducatif.

Apprendre à dire STOP

On ne peut pas toujours dire oui à notre enfant. Parfois, il faut dire non. Et plus précisément, STOP, comme le préconise Isabelle Filliozat dans son ouvrage J’ai tout essayé !

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Votre organisation parentale

De votre côté, avez vous du relais ou assumez-vous toute l’éducation de votre enfant ? 

Est-ce que votre problème pourrait venir de votre organisation au quotidien ?

Notre état interne peut être mis à mal quand nous avons l’impression de ne pas savoir gérer notre foyer. Souvent, il ne s’agit que d’une impression et quelques ajustements permettent de se sentir mieux. 

Par exemple : 

Cuisiner à l’avance des plats maison quand vous êtes solo et les congeler pourrait vous permettre de n’avoir qu’à les décongeler au moment voulu. Votre plat est prêt, équilibré et sans effort au moment où vous êtes le plus fatigable. 

En conclusion 

De nombreuses pistes sont à étudier : 

– votre état de santé à vous

– l’état de santé de votre enfant

– la piste comportementale et bilan psy

– le cadre éducatif à structurer

Etre parent solo n’est pas toujours de tout repos. 

J’espère que cet article pourra vous aider à déculpabiliser et à mettre des actions constructives en place. 

Je suis à votre écoute si vous avez des questions à ce sujet. 

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